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Dates: 
Mardi, 22 Mai, 2012 à Samedi, 30 Juin, 2012
 
Maurice Sendak
(New York, 10 juin 1928 – Danbury, 8 mai 2012)

Maurice Sendak grandit dans les quartiers populaires de Broocklyn au milieu d’une famille juive polonaise. Son père est tailleur. Dès l'âge de 9 ans, il illustre des livres avec son frère Jack. Il a également une grande sœur à qui il dédiera Quand Papa était loin. Enfant de santé fragile, il vit enfermé et se réfugie dans le rêve.

Sa première publication, Atomics for the Millions, paraît en 1947. Sa culture est nourrie des bandes dessinées de Winsor McKay et en particulier Little Nemo,  du cinéma de Laurel et Hardy, de Mickey (il collectionne les représentations de ce «jumeau» né, comme lui, en 1928) et de tous les films de Walt Disney dont Fantasia où ce mélomane en herbe déguste la partition musicale.

A partir de 1952,  il illustre des textes de Ruth Kraus (A very special House, A Hole is to dig, Chalotte and the White Horse), de Meindert Dejong (Hurry Home, Candy, The Wheel on the Scool), de Janice May Udry (The Moon Jumpers devenu Les Cavaliers de la lune, Circonflexe, 1995), et, à partie de 1957,  la célèbre série d'albums de Else Hohnelund Minarik, d'origine danoise, Little Bear traduits à L'Ecole des loisirs dans les années 1970. Il met ses images au service de nombreux écrivains, vivants ou décédés, Charlotte Zolotov (Monsieur le lièvre, voulez-vous m'aider?), Franck Stockton (L'Homme aux abeilles, Le Griffon et le petit chanoine), Randall Jarrell (Des animaux pour toute famille, La Chauve-souris poète), Robert Graves (Le Grand livre vert) ou Sesyle Joslyn (Que dites-vous, cher ami? Que faites-vous cher ami?).

Il est un extraordinaire illustrateur de contes. En 1959, il crée les illustrations de Seven Tales de Andersen, et en 1973, celles de The Juniper Tree and other Tales from Grimm, où se confirme son superbe don de dessinateur, recueil qui sera très mal imprimé en France. Il s'y inspire, pour ses portraits, de photos familiales de parents disparus dans les camps nazis, et pour ses paysages, des souvenirs de ses voyages en Europe, Grande Bretagne, et Allemagne surtout, pays avec qui il entretient un rapport ambigu de fascination pour son univers culturel et de répulsion pour son histoire récente.  

En 1984, parait un somptueux Nutcracker de Ernst Theodor Amadeus Hoffmann (Casse-Noisette, Gallimard, 1985) et, en 1988, le superbe Dear Mili (Chère Mili, Gallimard), sur un texte inconnu de Wilhelm Grimm, où se profile douloureusement la mémoire de la Shoah.

Il est à la fois auteur et illustrateur et a créé des chefs-d’œuvre devenus à juste titre des classiques de l'enfance. Rosie, Pierre, Deux histoires de Jérôme le Conquérant et l'extraordinaire On est tous dans la gadoue,  qui, en raison d'un sujet difficile,  n'a pas rencontré le succès mérité.

Mais ce qui a fait sa notoriété, c'est sa Trilogie du rêve, Max et les Maximonstres, Cuisine de nuit et Quand Papa était loin, trois voyages initiatiques baignés de poésie et d'une rare perfection graphique.

Depuis 1957, Maurice Sendak vivait avec un psychanalyste, Eugène Glynn, qui est resté auprès de lui jusqu'à sa mort en 2007. Doit-on voir dans ce compagnonnage l'intérêt de Sendak pour les univers inconscients ?  En tous cas, Where the Wilds Things are  introduit les fantasmes intérieurs de l'enfant dans l'image. Il avait obtenu la Caldecott Medal à New York (1963), mais il a fallu toute l'intelligence, la sensibilité et l'intuition éditoriale de Robert Delpire pour que sa version traduite, Max et les Maximonstres, paraisse en France (1967) où il a reçu un accueil pour le moins mitigé des professionnels de l'enfance, dont Françoise Dolto. Il n'a pas pris une ride depuis. Jean Fabre l'a intégré au catalogue de l'Ecole des loisirs et il restera l'un des livres les plus importants du siècle. Cuisine de nuit rend hommage à la culture populaire de l'Amérique des années 30 et la nudité du petit Mickey a effarouché quelques ligues de vertu américaines. Quand Papa était loin décrit les ravages de la jalousie fraternelle, sur fond de peinture (Otto Runge, Gaspard David Friedtich, Hubert Robert, William Blake) et  de  littérature (Grimm, Brentano)  européennes préromantiques, dans un bain de  musique qui fait la part belle à Mozart et Mahler.

Ce grand mélomane, homme de culture s'il en est, a créé des décors d'opéra mémorables, en particulier pour la ville de Seattle (La Flûte enchantée) et les références musicales affleurent partout entre les pages de ses albums.

Ses racines juives sont très présentes dans toute son œuvre. C'est ainsi qu'il donne une belle version des contes de Issac Bashevis Singer, desservis dans leur médiocre édition française. C'est aussi en référence à sa judéité qu'il renouvelle l'opéra Brundibar du compositeur tchèque Hans Kraša et de l'écrivain Adolf Hoffmeister, présenté pour la première fois aux enfants déportés du camp de Theresienstadt en 1943. Avec le dramaturge Tony Kuschner, il en fera, en 2003, un album très émouvant (Ecole des loisirs, 2005) et en 2004, une nouvelle version pour l'opéra qui sera donnée à Yale, Berkeley et Broadway.

Une très belle exposition a été consacrée à Maurice Sendak en 2005 au Musée Juif de New York. Plusieurs de ses livres ont été adaptés en dessins animés ou pour le théâtre et le cinéma, dont Max et les Maximonstres par Spike Jonze en 2009.

Ce magnifique artiste a reçu, en 1970, le prestigieux Prix Andersen, et, en 2003, le tout nouveau Astrid Lindgren Memorial Award.

Son décès, à l'âge de 83 ans, a suscité une immense émotion et inspiré de très nombreux articles dans la presse et sur la toile.

Janine Kotwica
Mai 2011
Max et les Maximonstres, L'école des Loisirs, 1973

Crédits de l'Exposition

Une exposition produite par le Centre André François CRRAI de Margny-lès-Compiègne.
Illustrateur : Maurice Sendak
Commissariat de l'exposition : Janine Kotwica

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